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Le twang

Article publié en 2018 - Modifié en 2020, 2022

Introduction

Depuis quelques années le terme de twang a fait son apparition dans le chant et les cours. Dans le cadre de mes cours en présentiel, ou ma formation en ligne il est fréquent qu’on me demande de l’enseigner.

Mais qu’est ce que le twang? A quoi sert-il ? Pourquoi est-il aussi important aux yeux du monde du chant? Comment l’apprend-on ?

Table des matières

Littéralement, twang se traduit par nasillard, (Larousse: « qui vient du nez ») mais nous verrons que dans le chant, nous pouvons l’utiliser sans qu’il le soit.

En linguistique, il désigne une forte prononciation d’un accent régional ou d’un dialecte. On parle du « texan twang » notamment. Cet accent du sud des Etats Unis est défini « très twang » lorsqu’il est très marqué, accentué. De ce fait, on le retrouve dans la musique country traditionnelle ou neo-country, de Ralph Stanley à Dolly Parton.

Dans le chant, ce son caractéristique, pincé, brillant et qui donne de l’éclat à la voix a été décrit par William Vennard dans son ouvrage « Singing: the Mechanism and the Technic » en 1968. Dans ses recherches, Jo Estill a repris plus tard ce concept pour l’incorporer dans son modèle.

Il a, ces dernières décennies, été étudié sous toutes les coutures par de nombreux chercheurs et spécialistes de la voix. Dans le chant et dans la thérapie vocale.

Le twang est donc un effet, un ajout. Bien que certaines personnes l’ont naturellement (ce qui, pour leur entourage peut s’avérer sur une longue conversation fatiguant à entendre), tout le monde peut l’apprendre.

Ce qui le rend très intéressant, c’est la possibilité de le doser, comme une épice ou du sel ajouté à un aliment. Mettez en beaucoup trop et ça risque d’être immangeable. Mettez en une pincée et cela relèvera votre aliment !

Twang - Article - La voix en Mouvements - Formation Chant et Technique Vocale

L'aspect acoustique

Sur le plan acoustique, le twang a pour effet de créer un formant.

Explications: un son est une vibration. Cette vibration fondamentale engendre une infinité de vibrations, qu’on appelle harmoniques. Autrement dit, en jouant ou en chantant une note, nous produisons aussi d’autres notes.

D’un point de vue acoustique, le twang renforce certaines plages de ces harmoniques qui se situent selon les voix entre 2000 et 5000 hertz. Cette plage de fréquences medium-aigu est appelée « formant du chanteur » (le terme « formant » désigne donc une plage ou région de forte énergie acoustique).

Notre oreille (d’auditeur) est très sensible à la plage de fréquence du twang. On peut donc dire qu’il apporte du volume et ce sans véritable effort supplémentaire.

Grâce à cela, le twang est présent ou ajouté depuis toujours aussi bien dans la voix parlée que chantée.

Le twang: cet ami qui vous veut du bien

Il s’enseigne depuis fort longtemps, sans bien être compris. Il est inclut dans un « bon placement de voix » (sic) pour le professeur de chant qui parle de « chanter dans le masque » ou « dans le voile du palais ». On distingue ainsi mal les causes et les conséquences de l’effet.

Dans l’art lyrique on parle de squillo, de ring en anglais et formant du chanteur en français. C’est, entre autres, lui qui va permettre au chanteur d’opéra de porter sa voix au dessus de l’orchestre, sans amplification (en fait, il n’est pas « au dessus », il s’insère dans une plage de fréquence relativement creuse de l’orchestre).

On trouve le twang évidemment dans toutes les musiques actuelles, tous les styles, chez différents artistes, avec à chaque fois des dosages différents. Me viennent à l’esprit en vrac: Duffy, Anastacia, Amy Winehouse, Edith Piaf… et tant d’autres!

Le twang est un ingrédient fort utile. En studio ou en live, pour plus de volume ou de texture, pour nous sortir d’arrangements dans lesquels notre voix est perdue, donner une couleur, de la brillance, le twang s’avère un formidable allié.

L'aspect physiologique

Physiologiquement, la théorie la plus souvent avancée est celle de la contraction du muscle aryténo-épiglottique, qui provoque un rapprochement  des cartilages arythénoïdes et de l’épiglotte.

Ce resserrement au sommet du larynx créée une mini caisse de résonance dans celle du pharynx qui en est déjà une. C’est en quelque sorte un ukulélé dans un caisse de guitare…

Twang - Article - La voix en Mouvements - Formation Chant et Technique Vocale

Sauf que dans l’absolu, le twang désigne plus un résultat acoustique et on va donc trouver d’autres façons de le produire: avec un placement de la langue contre la voûte du palais par exemple.

Enfin, il a été émis l’hypothèse que le twang crée une pression sus-glottique permettant un accolement supplémentaire des cordes vocales (une phase d’accolement plus longue). Mais là encore tout dépend de comment on le réalise.

Twang versus nasalité

Une erreur commune est de confondre twang et nasalité. Assez curieusement d’ailleurs, car la nasalité a tendance a plutôt adoucir le twang puisqu’elle filtre le son et donc absorbe l’énergie des formants.

La nasalité est liée à l’abaissement du voile du palais, donc à la résonance du son dans les cavités nasales. Je peux « twanger » (horrible anglicisme!) avec et sans nasalité puisque ces deux fonctions sont créées à deux endroits différents.

Nasalité - Twang - Article - La voix en Mouvements - Formation Chant et Technique Vocale

On enseigne le twang souvent de façon nasale car il est souvent plus facile à trouver d’une part, et de l’autre il permettrait d’éviter la constriction, un resserrement du conduit aérien dû au fait que le corps interprète le twang comme partie de la déglutition (du fait de l’action du muscle aryténo-épiglottique ).

Dans l’apprentissage du twang, il me paraît intéressant de se rapprocher d’un son très twangué. Comme si, pour reprendre mon parallèle culinaire, pour savoir ce que c‘est que du sel, on en ajoutait volontairement beaucoup. Le but est d’entendre le son caractéristique, d’avoir les sensations interne.

Toutes ces sensations sont personnelles. Il vous appartient de les trouver. Ou d’être aidé·e à les trouver!

Apprendre le twang

En soi, les conseils qui foisonnent sur Youtube et sur des blogs concernant le twang (ou ce qu’ils incluent comme l’être) ne sont pas mauvais. Ils reviennent tous à la même idée: jouer avec des sons, s’amuser à imiter des personnages ou animaux ou l’effet est présent. Rire comme « une sorcière qui a un plan maléfique« , miauler comme un chat, imiter un canard qui caquette, le « ouinnn » du bébé qui pleure, une enfant qui se moque, etc. 

Alors pourquoi vous n’y arrivez pas? Ou pas bien? Pourquoi vous n’arrivez pas à « imiter » la personne dans la vidéo? Ou devez y revenir sans cesse? Ça a l’air si simple et si naturel chez elle!

Je vous l'explique...

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